Tempérance, vertus pop

   Après avoir officié sous son propre nom et sous celui de Snooze, Dalcan revient sous un nouvel alias. Et se transcende dans le genre electro-soul crépusculaire.

Dalcan-Temperance

   Dominique Dalcan a toujours eu deux visages : l’un pop et chanson sous nom, l’autre électro sous le nom de Snooze : électro sombre avec le premier album « Man in the shadow » et plus lumineuse avec « Goingmobile ». Aujourd’hui, avec Tempérance, il marie electro et pop… mais pour se transcender.

   Lui qui chantait en français passe à l’anglais et pousse sa voix dans ses retranchements, en tirant une intensité émotionnelle encore jamais atteinte… oublié le ton presque nonchalant et désinvolte de certaines chansons de l’album « Danseur de java »… Ici, l’ambiance est crépusculaire, les sons et textures richement travaillées et Dalcan s’impose à la fois en héritier de Philip Glass, d’Aphex Twin et de Christophe adepte du beau bizarre. Tous ceux qui aiment The Blue Nile et une certaine école de pop dandy devraient apprécier cet album singulier, qui fait également la part belle à une soul cryogénisée. Du travail d’orfèvre, par l’un des meilleurs artisans de France.

   Il y a peu, on redécouvrait sa relecture de l’Ophélie de Rimbaud sur un album d’Hector Zazou (voir notre article).  Il semble qu’avec Tempérance il concrétise avec maestria tous les germes qui étaient contenus dans ce seul titre : celle d’une électro pleine de mystères. Il y avait déjà un sommet dans la carrière de Dominique Dalcan avec l’album « Ostinato » de 1998, mais vingt ans après il récidive. Et prouve qu’il a encore largement de quoi étonner.

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Jean-Marc Grosdemouge

Tempérance « Tempérance », 1 CD (Le label-[PIAS]), 2017.

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