The Faint "Danse Macabre"

   Une pochette au style soviétique, et une guitare punk sur le morceau d’ouverture … on est dans une nouvelle resucée du son 76-77 ? Non, car quelques touches d’électronique agrémentent très vite le morceau. La voix évoque Damon Albarn, mais point de pop anglaise ici : The Faint est un combo d’Omaha (Nebraska).

the faint   La formule rock et électro est à la mode, nous l’avons tous remarqué. on a pu assister à un véritable déluge de projets mariant machines et six-cordes ces derniers temps. Cela n’empêche pas de tomber sur un album avec ce qu’il faut d’originalité, un roupe qui construit un son bien à lui. The Faint tire assurément son épingle du jeu, car le groupe sait allier les contraires : la pesanteur des guitares et l’apesanteur de l’électronique, donner dans l’énergie et la tension retenue. Pas de retenue toutefois sur « Glass Danse », un titre qui pourrait faire remuer bien des dancefloors. Plus loin, le son est bien lourd sur « Total Job », car The Faint sait faire parler la poudre. Mais ici, le recours à la poudre n’est pas sans but : ici, il s’agirait plutôt de la faire parler utilement, comme quand on utilise de la dynamite pour creuser un tunnel. The Faint n’est pas du genre à allumer des pétards juste pour embêter les passants. On sent des références esthétiques poussées chez ce groupe. Encore une fois, on ne sort pas un disque avec une telle pochette sans raison. Un chiffre est placé à côté de chaque titre : certainement les BPM. Eh bien à part deux titres, tous les morceaux sont à 120 BPM ou plus, avec une montée à 165 sur « Posed to death », juste avant « The conductor » au son estampillé « Fade to grey » de Visage. Globalement, The Faint assume la furie de ses BPM, et elle est sacrément contagieuse. Difficile de résister : ce disque n’est que ronflement de guitares, bourdonements de machines, rythmes martiaux, et chant non pas hurlé mais bien déployé. Une vois trafiquée, comme passée au porte-voix, qui lui confère un aspect métallique qui ne dénote pas avec l’ensemble.

   Comme cet album d’hymnes punko-industriels est court, ce qui est presque un reproche car des chansons comme ça, on en veut bien en écouter quinze par album, vous arriverez vite à « Ballad of a paralysed citizen », sorte de croisement improbable entre un bon titre de Alain Bashung (« Dehors » pour le vibraphone ou « Madame rêve » pour les cordes) et Schneider TM. Du grand art. Mais voilà, c’est fini.

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Jean,-Marc Grosdemouge

The Faint « Danse Macabre », 1 CD (City Slang/Labels), 2001

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