The Fred Hersch Trio "Sunday Night at the Vanguard"

   Découvrir un trio jazz, c’est comme tomber amoureux : ça ressemble à l’idée qu’on s’en fait en général, ça fait resurgir toutes les agréables qu’on a senti la dernière fois qu’on a vécu ça, et puis bien sûr ça a quelque chose de nouveau, qui vient s’ajouter aux deux composantes précédentes.

Sunday_Night_at_the_Vanguard_COVER  L’élu de nos oreilles est le pianiste Fred Hersch, avec ses complices John Hébert (contrebasse) et Eric McPherson (batterie), captés dans l’intimité du Village Vanguard un soir de mars 2016, un dimanche pour être plus précis. Le dimanche est le jour du Seigneur, celui où la spiritualité prend le pas sur le travail, et ça tombe bien car la jazz de Fred Hersch ne manque pas d’être spirituel, tout en se plaisant à laisser les morceaux se déplier, avec une progression tout en douceur…  Pour la première fois, en 1976, Fred Hersch poussa la porte du club, afin d’y assister à un set de Dexter Gordon, de retour aux USA, mais faute de moyens… dans les escaliers ! En 1996, pour la première fois, il montait sur sa scène, et aujourd’hui, toujours aussi flatté de voix sa photo au mur côtoyer celles de prestigieux devancier tels que John Coltrane, Bill Evans et Charlie Mingus, il y enregistre son 4 album album live dans le lieu. L’homme a 60 ans, a survécu au sida, qui l’a plongé deux mois dans le coma, et après avoir tutoyé la mort, c’est bien la beauté à l’état pur qu’il côtoie, en parfaite osmose avec ses deux camarades. Oui, le dimanche est bien le jour de ce seigneur du jazz.

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Jean-Marc Grosdemouge

The Fred Hersh Trio « Sunday Night ath the Vanguard », 1 CD (Palmetto Records), 2016.

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