Thomas VDB : rock’n’drôle

   Un journaliste musical qui devient comédien de one-man show, voilà qui n’est pas courant. Après avoir vu son spectacle « En rock et en roll » et nous être gondolés de bout en bout, nous avons rencontré Thomas VDB. Et c’est parti, sans magnéto, pour une interview… rock’n’roll ! Propos recueillis par Jean-Marc Grosdemouge

Epiphanies : Dans ton spectacle tu t’en prends au jazz…

TVDB : Disons que je m’en moque (sourire)

Mais pas à la fameuse distinction entre pop et rock.

TVDB : Je ne parle pas de tous les sous-genres car le spectacle s’est construit de manière empirique. Au début, je ne savais pas que j’allais parler de rock. Je ne creuse rien. En restant en surface, je tiens une heure et demie, sinon ce serait plus long. Mais je pense déjà à une prochaine déclinaison.

Comment es-tu venu à la scène ?

TVDB : Je n’ai pas de plan de carrière précis. J’ai étudié le théâtre et en parallèle, je m’intéressais à la musique. J’ai bossé pour Radio Béton à Tours, pour des fanzines, et tout ça m’a fait aterrir à « Rock Sound » en 1999. Un ami comédien m’a proposé de faire de l’impro, ce qui a donné « Freddy Coupedeboule, recordman professionnel ». On était un duo de clowns. J’ai beaucoup joué ce spectacle, en parallèle à mon travail dans la presse. J’ai l’impression de m’être trouvé en tant que comédien. Cela m’a donné une aisance avec le spectacle, qui a facilité le one-man show. Entre temps, j’ai aussi fait un spectacle de rue : « Boutros le mage », un hypnotiseur qui perd ses pouvoirs en public, et j’ai été Monsieur Loyal dans des concours d’air guitar.

Tu es vraiment fan de Queen ?

Thomas VDB (un peu incrédule) : Oui, ça me tient à coeur depuis que je suis gamin. A la limite, c’est moins de la musique mais du fétichisme pur. J’ai une énorme collection, mais je ne passe plus mes journées sur E-bay. Plus tard, j’ai découvert les Beatles. Mais Queen a forgé mes goûts et les a déterminés : j’aime quand le chant est inspiré, qu’il y a des choeurs, un piano très lyrique, quand c’est glam, je parle de gens comme les Sparks, Billy Joel, Weezer. Je suis fan de musiciens liés au classique, mais je n’écoute plus trop de hard rock. En tout cas, pour en revenir à Queen, je peux dire que ça a aliéné une partie de mon adolescence.

Tu parles à un mec dont le meilleur ami, à l’adolescence, était sa collection de disques.

Je suis revenu à Queen il y a cinq ou six ans, pour me liguer contre l’inculture de mes collègues de bureaux, leur dire « Queen, ce n’est pas que Radio Gaga ». Mais j’ai pris du recul sur mon fanatisme béat. Ceci dit, dans le spectacle, quand je montre la cote des disques de Queen, ceux surlignés en rose, ce sont de vrais achats que j’ai faits. Ma première collection, je l’ai vendue à seize ans, pour investir dans une collection The Cult, puis j’ai recommencé Queen.

Tu aimes qui alors ?

Faith No More, Weezer, Korn, les Sparks, Gang of Four. Côté labels, à une époque, j’étais bien branché par l’électro de Warp. J’aime aussi Ipecac, le label de Mike Patton de Faith No More. C’est un mec qui est très respecté, il bosse avec plein de gens dans plein d’univers différents. Je l’ai rencontré plusieurs fois en interview. Il est un peu prétentieux, mais il peut (sourire). J’aime aussi Philip Glass. Je trouve que c’est encore plus excitant d’être fan de musique aujourd’hui, c’est hyper jouissif.

Tu veux parler d’internet ?

Oui. Je vais beaucoup sur les blogs musicaux depuis deux ans. Je stocke des CD et des vinyles. On me donne disques à la fin des spectacles, hélas je n’ai pas le temps de les écouter. Je stocke aussi des MP3. J’ai des disques dur externes pour ça.

C’est vrai que c’est pratique. Tu écris encore ?

Je suis redevenu journaliste à « Rock & Folk » il y a deux ans. J’écris peu, mais sur mes coups de coeur. C’est ce que m’a demandé Manoeuvre. Là, je prépare des papiers sur I’m From Barcelona et Biffy Clyro.

Outre ton activité de comédien, tu en avais marre de « Rock Sound » aussi, non ? C’est aussi pour ça que tu en es parti ?

Ce n’était pas parce que j’étais rédacteur en chef que je faisais ce que je voulais. Le lectorat avait un peu figé l’identité du magazine. J’ai beau avoir fait ce super métier pendant sept ans, il fallait parfois faire dix à quinze feuillets sur Limp Bizkit ou interviewer Staind chaque semaine, et ça c’est dur. Il m’est arrivé de faire trois interviews par jour. Du coup, la quantité prime sur la qualité. On pisse de la copie.

Cela explique ta théorie sur les interviews non préparées ?

Ce sont les meilleures !

C’est quoi la suite pour toi ?

Cet été, je vais tourner dans le réseau Smac, et dans les festivals. En tout cas, c’est un heureux hasard de faire un spectacle qui parle aux gens. J’ai envie que les gens comprennent que l’on n’a pas besoin de s’intéresser au rock pour s’intéresser à mon spectacle.

De même qu’on a pas besoin de venir de banlieue pour rire à un spectacle de Jamel. Pour finir, tu racontes dans ton spectacle que Miossec t’as un jour menacé de ta casser la gueule, tu te fous de Cali et Raphaël, alors écoutes-tu de la chanson française ?

Gloire à Dominique A, qui est l’une de mes idoles absolues. J’aime aussi Katerine, Anaïs, les Rita Mitsouko, mais aussi les vrais groupes de rock comme Asyl ou Dead Popclub, qui ne sont pas hélas ceux dont on parle le plus. En revanche, le buzz autour des Naast et des Plasticines me sidère. Ce sont les Pleymo et les Superbus du garage rock. (rire)

 

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