Toumani Diabaté « The Mandé Sessions »

On dit beaucoup de choses de la kora : c’est un instrument à cordes qui a une légende, certains joueurs comme Mory Kanté refusent de la voir voyager en soute quand ils prennent l’avion et préfèrent la convier en cabine, et la kora a paraît-il… une âme.

TheMandéVariationsNé dans une famille de griots à Bamako, capitale du Mali en 1965, Toumani Diabaté est considéré comme l’un des maîtres de cet instrument-phare de la culture mandingue. Plus de vingt ans après son premier album solo (« Kaira », sorti en 1987), il retrouve cet exercice. Assurant seul les basses et les mélodies sur cette harpe ouest-africaine dont il maitrise toutes les subtilités depuis si longtemps, il rend hommage aux dieux et aux hommes, et notamment au musicien Ali Farka Touré, son compatriote avec qui il a travaillé par le passé sur l’album « In the heart of the moon », album récompensé par un Grammy. Puissamment méditative, la musique de Diabaté possède un rare pouvoir d’évocation et de spiritualité. Ces huit chants sont autant d’hymne à la contemplation du monde et un hommage aux mystères et aux beautés de la vie. On peut dire que Toumani Diabaté fait ce qu’on appelle de la « musique du monde »… en fait, il met un monde, le sien, c’est à dire son âme, dans sa musique. On pourrait croire que le disque « capte »… en fait, il transmet… il est médium et les notes de kora naviguent de coeur à coeur, impossibles à capturer sur une galette de plastique. Ces « Mandé Sessions » sont un album essentiel, au même titre que la musique sacrée de Mozart, Pärt ou Fauré.

*****

Jean-Marc Grosdemouge

Toumani Diabaté « The Mandé Sessions », 1 CD (World Circuit/Harmonia Mundi), 2008

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *