Trygve Seim "Sangam"

     Pour son deuxième album, le Norvégien se place par définition au confluent (« sangam ») des cultures musicales, et se fiche des styles et des époques comme d’une gigne. Un album libre et contemplatif, doucement addictif.

trygve

 Au dix-neuvième siècle, des compositeurs dits aujourd’hui « classiques » inclurent des éléments dits « folkloriques », donc plus anciens, dans la musique qu’ils écrivaient pour les orchestres symphoniques. Aujourd’hui, le crossover continue puisque les jazzmen incluent eux même cette musique symphonique aux accents world dans leurs compositions.

   Ainsi, le trompettiste norvégien Trygve Seim appelle son deuxième album en tant que leader « Sangam », ce qui signifie « confluent » en sanscrit. Excellent choix, car ici, tout conflue : la mélancolie de l’accordéon, la noirceur des cordes, et les cuivres à foutre la pétoche. Seim n’est pas sur le label de Manfred Eicher par hasard : son premier choc esthétique, il le doit à un disque de son compatriote Jan Garbarek, et il a longtemps baigné dans l’esthétique ECM, ce qui se ressent pleinement sur chaque titre. Baigné également dans la culture bouddhiste, il offre un enregistrement dont la sérénité n’est pas sans rappeler « Translinear light », le dernier opus de la veuve de John Coltrane.

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Jean-Marc Grosdemouge

Trygve Seim « Sangam », 1 CD (ECM/Universal), 2005

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