Twelve "Perfectly safe"

Perfectly-safe« Il est des moments où le temps s’arrête. Il faut ouvrir l’oeil pour qu’ils ne nous échappent pas » : la phrase, inscrite dans le livret, est signée John Irving. Mais c’est plus à John Grisham ou à l’un de nombreux maîtres du suspense, que la musique de Twelve semble devoir sa filiation.

Dans les polars, au cinéma, la musique est très importante : « Ascenseur pour l’échafaud » est un film inoubliable grâce à la musique signée Mile Davis. Sans la trompette de l’Américain, qui accompagnent les déplacements de Jeanne Moreau, ce film de Louis Malle serait un très bon film, mais pas un film inoubliable. A l’inverse, « Nikita » de Luc Besson, autrre film qui met en scène une femme (Anne Parillaud) d’ailleurs, commence à pâtir de sa musique, composée par Eric Serra, qui, au contraire de celle de Miles Davis, date un peu plus de dix ans après avoir été composée. Si l’on devait remplacer la musique de Serra par une plus actuelle, on pourait fort bien utiliser les plages composées par Twelve. La B.O. du jeu video « Splinter Cell » est déjà prise : c’est Amon Tobin qui s’en est occupé (et, paraît-il, de fort belle manière) avec l’album « Chaos Theory ». Les fans de DJ Shadow ne devraient pas faire la fine bouche à l’écoute de ce mélange de hip hop, de dub, aux basses lourdes, parfois teintés de tablas indiens ou typés asiatiques.

L’ambiance est souvent opressante, la fumée à couper au couteau, mais l’on est embarqué dans ce disque, dont les morceaux s’enchainent tous, comme dans un polar qu’on commence en soirée et qui nous tient éveillé jusqu’au petit matin. Tout ça, « perfectly safe » (parfaitement en sécurité) au creux de son lit. C’est dire si vos oreilles aussi sont en parfaite sécurité avec ce membre de High Tone aux manettes.

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Jean-Marc Grosdemouge

Twelve « Perfectly safe », 1 CD (Jarring Effects/PIAS), 2005

 

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