Françoise Hardy, une vie en chansons

Françoise Hardy, une vie en chansons

L’icône compile ses chansons et ses souvenirs dans un livre. Sans craindre de casser parfois son image de douce rêveuse.

Quand son éditrice lui a proposé de publier un recueil de ses textes de chansons, Françoise Hardy a d’abord été contre. Elle a accepté, mais à une condition : pouvoir les commenter. 

Si elle n’est pas forcément tendre avec elle même, elle ne l’est pas non plus toujours avec ses collaborateurs. Il faut dire qu’à ses débuts elle a nagé avec les requins. Pour des histoires de SACEM, dans la mesure où elle ne savait pas écrire la musique, elle a dû céder les droits de composition de « Tous les garçons et les filles » à  Roger Samyn. Depuis il n’est plus obligatoire de savoir écrire la musique pour toucher ses droits d’auteur sur une composition mais Samyn qui a du vivre confortablement avec cet argent, n’a jamais voulu revoir l’accord…

Ainsi donc La Grande comme l’appelle son premier amour le photographe de « Salut les Copains » Jean-Marie Périer, explique : telle version me paraît faible, celle de telle année est meilleure. Arrangeurs, réalisateurs : elle doit parfois négocier les orchestrations, accepte des propositions de son management (ex : représenter Monte Carlo à l’Eurovision) ou écrire pour d’autres (« Fais moi une place de Julien Clerc » c’est elle qui en signé les paroles, par exemple). 

Une chanteuse qui sait s’entourer

Elle a aussi chanté du Patrick Modiano et travaillé avec Jimmy Page (Led Zeppelin). Et bien sûr avec (et c’est plus connu) Daho et Berger. Et donné sa chance au jeune Ben Christophers après l’avoir entendu sur France Inter chez Bernard Lenoir. Elle a aussi bosse avec son fils Thomas, qu’elle a eu avec un certain Jacques D. qui se faufile dans les pages, comme un de ses chats de sa maison corse. 

Françoise Hardy vit désormais seule, malade qui plus est, et vient d’annoncer qu’elle ne pourra plus chanter. Elle est assez lucide sur la vie. Assez pour dire franchement ce qu’elle pense : sur elle et sur les autres. Comme quoi on peut changer des choses sensibles et avoir un fort caractère. Son côté Tata Flingueuse est parfois réjouissant. Je crois qu’elle est arrive à un moment où elle se fiche totalement de son image et c’est assez rare pour être signalé.

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Jean-Marc Grosdemouge

Françoise Hardy « Chansons sur toi et nous », 2021, 429 pages, Éditions des Équateurs

Infos : le site des Editions des Equateurs

Jean-Marc Grosdemouge

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