Jil Caplan se réinvente en cowgirl

L’avantage quand on a commencé sa carrière très jeune, c’est qu’on peut se retrouver à même pas quarante ans, fraîche, pimpante, craquante et tout avec une carrière longue de… dix huit ans. Eh oui, Jil Caplan a commencé sa carrière en 1986, à 21 ans, sous la houlette de Jay Alanski. Rien à voir cependant avec des phénomènes à la Lorie Alizée qui montrent leur nombril et tortillent des fesses. Jil Caplan, c’était la chemise blanche, les longs cheveux bruns, un look sage, classe, une sorte d’étudiante au look de Nathalie Wood (qu’elle a chanté).

Après une compilation et malgré le fait que Bide et Musique l’ait intégrée dans sa base d’artistes (je proteste : Valentine vaut mieux que ça), revoici Jil Caplan, avec un album réalisé par un ex-Innocent… aux mains pleines, puisqu’il a composé toutes les chansons, sur lesquelles Jil pose parfois ses paroles. Alors que JP. Nataf sort son album, Jean-Christophe Urbain apporte sa patte à « Comme elle vient ». Un album à la couleur country, plutôt joyeux (pas question de titres comme « Entre les tombes »), qui parle d’amour, de guitares, de cowboys… et dont les titres font parfois penser à Roy Orbison (« Orbisong »). Jil Caplan évoque parfois la B.B. de Harley Davidson (« Mes cheveux courts »). On se dit que si Gainsbourg avait moins abusé des clopes et de l’alcool, il aurait aimé être encore là et écrire un album pour cette demoiselle si sensuelle.

Cette orientation a peut être été retenue parce que le plus grand succès de Jil « Tout c’qui nous sépare » est une chanson countrysante. Sortie à une époque où la country n’était pas très en vogue nous confiait d’ailleurs Jay Alansky lors d’une interview (voir notre article). Mais la country, à part les auditeurs de RTL la nuit, ça n’intéresse pas grand monde… sauf quand il s’agit de Lambchop, Vic Chestnutt ou Palace. Malheureusement, cette ambiance far west, surexploitée (heureusement qu’il existe des respirations comme la balade « L’impossible »), plombe un peu le propos. On a comme l’impression d’un « Chambre avec vue » au féminin. Heureusement, Jil n’a pas 84 ans, et a encore pas mal d’albums devant elle. En tout cas, elle reste dans mon Panthéon des chanteuses sous-estimées.

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Jean-Marc Grosdemouge

Jil Caplan « Comme elle vient », 1 CD (East West/Warner)

Jean-Marc Grosdemouge

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