Gabriel Yacoub : "la musique fait partie de ma philosophie, de mon quotidien"

   Gabriel Yacoub est un artisan sincère de la chanson française, que l’on suit depuis son passage sur le défunt label Boucherie Prod, puis sur son propre label, Le Roseau. C’est sur ce dernier qu’il sort son nouvel album « De la nature des choses ».

Epiphanies : Vous souvenez-vous de la premiere chanson que avez écrite et/ou composée ?

Non, et c’est sans doute pas plus mal ! Mes premières tentatives n’étaient pas très brillantes. Je pense aujourd’hui que ça venait du fait que j’avais interprété des chansons traditionnelles depuis de nombreuses années et que ces chansons sont des oeuvres monumentales, sublimées par leur contenu symbolique, poétique, poli par le temps et les « passeurs ». J’avais donc mis la barre très haut et n’était guère satisfait par la comparaison, par mon écriture qui tentait à la fois de pasticher ces chansons tout en racontant mes propres histoires. Je me souviens par contre de la première que j’ai lâché « Bon an, mal an », le jour où j’ai arrêté de me prendre le chou. Elle évoque une authentique et longue histoire d’amour qui dure symboliquement une année.

Quelle est la place de la musique dans votre vie ?

C’est comme si on me demandait la place de l’air que je respire. Elle fait partie de ma philosophie, de mon quotidien. Je ressens moins le désir, l’urgence d’en écouter autant que quand j’étais plus jeune et je le déplore. Mon plaisir pur est parfois perverti par la curiosité technique, organologie, arrangements, production… et ceci casse un peu la magie.

Quel est le premier disque que vous ayez acheté ?

Je crois me souvenir que c’était le premier 45 tours des Beatles sorti en France, au Bon Marché à Paris, à l’âge de treize ans. Je m’y étais d’ailleurs repris à deux fois, car ces gros malins de producteurs avaient eu la bonne idée de traduire les titres en Français, « She loves you », « Elle t’aime » ! Du coup j’avais crû qu’ils chantaient en Français. Je retournai au Bon Marché après vérification

Si vous partiez sur une île déserte quel disque emporteriez vous ?

Je crois sincèrement que je les emporterais tous… sinon aucun. Si la question est sérieuse, c’est un choix trop difficile ! Si c’est une farce, ou sous la torture, je répondrais « The secret life of plants » de Stevie Wonder.

Vous téléchargez de la musique ? des singles ? des albums entiers ?

Non !

Quelle est la ou les plus grandes claques prises en live en tant que spectateur ?

Les Beatles à L’olympia en 1964. Je crois que je ne m’en suis pas remis. J’évoque d’ailleurs l’événement dans une chanson du nouvel album, « Souvenirs oubliés »

En tant qu’interprète ?

A chaque fois que je ressens une réelle communion avec le public. Mes concerts sont très simples, sans artifice, les chansons passent et parfois, tout à coup, on peut sentir une vraie et puissante émotion liée au partage. Cette sensation est palpable. Cette magie relève d’un chamanisme où c’est le public le shaman. Les artistes ne sont que les clés qui ouvrent cette porte-là.

Pour vous qu’est-ce que la musique ?

Elle est indispensable, au même titre que la poésie, l’art en général, la nature. C’est une voie pour le rêve, l’antidote à la bêtise, la réponse aux imbéciles.

C’est la mode des reformations : Pixies, The Police, Sex Pistols. Et Malicorne c’est envisageable ?

Malicorne a mis un terme définitif à ses aventures voilà déjà 27 ans ! ceci pour des raisons qui sont les mêmes aujourd’hui : chacun des musiciens souhaitant se consacrer à d’autres activités, néanmoins toutes artistiques. Nous avons eu le temps d’y réfléchir ! Je me permets de soupçonner certaines de ces reformations de ne pas relever toujours d’une vocation artistique.

Jean-Marc Grosdemouge

Infos : www.gabrielyacoub.com

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