Miss Lenni Jabour of the Third Floor

Lenni Jabour

Elle est canadienne, chante avec en français avec un délicieux accent anglais, tout en s’accompagnant au piano. C’est délicieusement rétro, tout à fait charmant. Un concert de Miss Jabour, c’est 50% coton 40 % laine 10% soie.

Dire qu’on a failli passer à côté de ça. La presse nord américaine avait beau être dythirambique, il avait tellement plu toute la journée qu’on avait préféré cocooner plutôt que de mettre le nez dehors. Mu par l’envie de la découverte, à la faveur d’une éclaircie passagère, on se rend donc dans la cave voûtée des Blancs Manteaux. Et l’on passe d’un cocon à un autre…

Selon le petit film projeté au tout début du spectacle, Miss Lenni Jabour a deux vies : le jour, elle a un travail sans intérêt, et le soir, elle rentre dans son appartement, au troisième étage, et le transforme en cabaret. A la fin de ce petit film très « Amélie Poulain », notre héroïne débarque dans son appartement reconstitué. Ou plutôt non : c’est nous qui avons l’impression de débarquer dans son univers. Un peu comme quand on entre pour la première fois chez une fille qui nous invite à passer la nuit chez elle : on regarde un peu partout, furtivement, parce qu’on a envie de garder fort en nous toutes ces impressions, de capter les ondes du lieu, de s’en imprégner au maximum.

Lenni (c’est son vrai prénom, son collier, aperçu au cocktail après le spectacle, en fait foi) est canadienne : elle partage sa vie entre Paris et Toronto. Elle est brune, arbore un grand sourire ravageur et des yeux pétillants, salue les convives d’un « bonsoir darlings » et minaude pendant une heure des chansons exquises en anglais et en français (mention particulière à « Il vous que vous changiez »).

Vite rejointe par quelques musiciens (alto, contrebasse), elle livre pendant une heure, derrière son piano, son univers de maison de poupées. Et reprend Santana ou Joan Jett (« I love rock’n’roll ») façon « musique de poche », avec des arrangements très doux. On a envie de la serrer fort dans nos bras, comme l’ourson Cajoline de notre enfance. Un concert de Miss Jabour, c’est 50% coton 40 % laine 10% soie. Elle est notre coup de coeur live de l’automne.

Jean-Marc Grosdemouge

Infos : www.lennijabour.com

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