Amadou et Mariam "Dimanche à Bamako"

   Découvert par le grand public il y a quatre ans et le tube « Mon amour ma chérie », le couple malien aveugle est la première sinon l’une des premières signatures de Because, le label créé par l’ex-Virgin/EMI Emmanuel de Buretel.

dim bam   Disons que ce n’est pas pour leur chant qu’on les apprécie le plus (on a entendu mieux, et en cela, je rejoins le point de vue de ma consoeur Véronique Mortaigne) mais pour leur facilité à capter la vibration du quotidien africain, et des maux de ce continent. Les ballades sont parfois des peintures un peu naïves du sentiment amoureux (« Fête au village ») mais les morceaux plus rapides (« La réalité ») séduisent. Ce dernier morceau synthétise parfaitement le style Amadou et Mariam : la scansion d’un constat amer (« Que hauts que de bas / C’est la vie dans ce monde triste réalité / Pendant que certains naissent d’autres meurent / Et que certains rient d’autres pleurent ») sur une musique si vive qu’elle donne envie d’y croire encore et de se battre.

   Pas étonnant donc que l’Afrique, continent aux énormes ressources (hélas pillées par l’Occident) soit l’un des plus pauvres, mais aussi le plus optimiste et joyeux qui soient. On s’y marie : « Le dimanche à Bamako, c’est le jour des mariages » nous explique la chanson. L’album du même nom a été réalisé « par et avec Manu Chao », et de nombreux amis ont été invités à la noce (l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, Cheik Tidiane Seik au clavier, Hakim Amokrane aux choeurs). Si certains morceaux ressemblent vraiment à du Radio Bemba (« Sénégal fast food »), ce disque est bien africain de coeur… c’est une ex-Main Noire qui a aidé à son élaboration

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Jean-Marc Grosdemouge

Amadou et Mariam « Dimanche à Bamako », 1 CD (Because/Wagram), 2004

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