Chris Clark le désosseur

c clark   Allez annoncer la bonne nouvelle : oui, aujourd’hui encore, on peut sortir un album sur son label favori sur simple envoi d’un CD gravé : c’est ce qui est arrivé à l’Anglais Chris Clark, qui signe déjà son deuxième album (après un mini-album « Clarence Park ») sur Warp.

     Agé de vingt-trois ans seulement, il se retrouve ainsi le plus jeune artiste de ce label, avec pour glorieux aînés Autechre, Aphex Twin, ou Boards Of Canada. On peut d’ailleurs rapprocher le son de Clark sur « Empty the bones of you » (« te vider de tes os ») à celui des créateurs de « Music has the right to children » et « Geoggadi ». La référence aux « os » évoque aussi la « surgery music » des Californiens Matmos. est un long voyage sur l’infrabasse, parsemé de bleeps piquants, la bande sonore d’un thriller hi tech ou d’un cauchemar éveillé. Cet album ressemble à un train fantôme, avec ses passages sombres, ses corridors poussiéreux et ses figures grimaçantes. Le genre d’attraction qu’on adore visiter entre une barbe à papa et un tour de manège.

     Sigur Ròs aiment les anges ? Chris Clark, lui, est un diable qui vous fait pénétrer au coeur d’un son aussi luxuriant qu’inquiétant. Il laisse à peine la lumière du dehors filtrer (quelques notes de piano sur « Tyre »). Et quand vous arrivez au bout du parcours de ce train fantôme, vous en sortez tout chancelant et frissonnez d’aise. Tout bonnement époustouflant.

*****

Jean-Marc Grosdemouge

Chris Clark « Empty the bones of you », 1 CD (Warp/PIAS), 2003

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *