Enrico Rava "Tati"

rava tati     Il a pu m’arriver de décrire le son ECM comme (excusez-moi de me citer) du « jazz de papa, mais en mieux : parce que le son résonne comme jamais, parce que les instrumentistes sont des cadors, parce qu’il y a de superbes ambiances, parce que ce jazz-là est soyeux, proprice à la rêverie, élégiaque ». Un exemple à nous citer me demandez-vous ? Oui et récent : « Tati » du trompettiste italien Enrico Rava, déjà évoqué ici lors de la sortie de l’album « Easy living » (voir notre article). Rava est à la fois sosie de Christophe (sans les lunettes) d’un point de vue physique, et sosie de Miles côté instrument. Un instrument qu’il met en bouche aux côtés de son compatriote le pianiste Stefano Bollani et du batteur Paul Motian. C’est bien simple : du début à la fin de cet album (qui commence par une reprise de « The man I love »), ces trois-là nous servent un jazz d’un raffinement extrême, qui a parfois une façon de monter en puissance fort étonnante (comme sur le bien nommé « Cornettology ») mais qui, le reste du temps, sait être calme et empreint d’une sérénité qui confine à la retraite dans un monastère bouddhique… et pas sur le chemin de Canossa (pour les nuls, c’est en Italie et ça signifie faire pénitence). Entrez en religion : celle du beau bien entendu.

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Jean-Marc Grosdemouge

Enrico Rava « Tati », 1 CD (ECM/Universal), 2005

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