Jeanne Balibar "Paramour"

   Aujourd’hui tout le monde chante : les anciens mannequins, les peoples, quelques lolitas… Tout le monde chante. Cela ne veut pas dire que tout le monde a la légitilité pour. Heureusement parfois, certains artistes quittent leur domaine de prédilection pour embrasser l’espace d’un instant un autre domaine.

balibar   C’est le cas de Jeanne Balibar, personnage diaphane qui hante de sa personnalité fascinante le cinéma d’auteur depuis dix ans, et sort son premier disque, « Paramour » (qui signifie chevalier servant en anglais, mais qu’on peut aussi entendre en deux mots). Et quand Jeanne chante c’est formidable.

 Cela nous renvoie à ces comédiens et comédiennes chanteurs d’autrefois (Montand, Reggiani), au premier rang duquel une autre Jeanne, Moreau, qui chantait le poète Norge ou « Le Tourbillon ». En connaisseuse du monde des lettres (cette demoiselle a fait des études et son père est un philosophe réputé), Jeanne Balibar dresse une carte du tendre de notre siècle, mais aussi du précédent (sa reprise de « Johnny Guitar » ou de « Torture »). Les mots sont les siens ou ceux de Pierre Alféri.

   Sur des musiques de Rodolphe Burger (le chanteur Kat Onoma participe aussi aux vocaux), Jeanne Balibar se transforme en Bashung en jupon (« Ne change rien »). Je l’ai adorée dans le film « J’ai horreur de l’amour », et j’ai l’honneur de dire que j’aime « Paramour ».

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Jean-Marc Grosdemouge

Jeanne Balibar « Paramour », 1 CD (Dernière Bande/Wagram), 2003

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