Les Wampas "Never trust a guy who after having been a punk is now playing electro"

   Face à des vétérans de la scène rock alternative française, pas la peine de compter combien d’albums ont sorti à ce jour Les Wampas pour se convaincre que ce combo de gentils allumés et de rockeurs fous furieux pas encore fatigués a bel et bien parcouru un marathon en quinze ans et non un cent mètres.

wampas never   Cet album, dédié à Dominique Laboubée des Dogs (dont un ancien membre, Philippe Almosnino appartient aux Wampas désormais) répond à Sporto Kantes (dont fait partie un ancien Wampas) dont l’un des titres sur « Act 1 » disait : « Never Trust A Guy (Who’s Never Been A Punk) ». Didier Wampas et les siens affirment : « ne croyez pas un ancien punk qui s’est mis à l’électronique. » Le retour à l’expéditeur est brutal.

   Les Wampas, on s’en doute, ne sont pas mis aux machines, mais leur première volée de bois vert (sympathique car délivrée avec humour) ne va pas à des representants de la scène électro : elle va à Manu Chao et à Louise Attaque. On imagine la gueule de Gaêtan Roussel and co, qui appartiennent depuis longtemps au label de Marc Thonon, Atmosphériques, écurie que les Wampas viennent de rejoindre. Car la chanson, dont le narrateur, un agriculteur, appartient à un groupe de rock amateur a pour refrain : « Si j’avais l’portefeuille de Manu Chao, j’partirais en vacances au moins jusqu’au Congo. Si j’avais l’compte en banque de Louise Attaque, j’partirais en vacances au moins jusqu’à Pâques. » A la différence de Louise Attaque, l’énorme succès populaire et les gros billets qui vont avec, Les Wampas ne l’ont pas connu, et en font certainement une fierté. Eux creusent inlassablement leur sillon, de label en label (ils ne restent jamais longtemps en place, et après un passage sur la major BMG, les revoici chez les indés), mais ils écument les petites salles de France et de Navarre, à la rencontre d’un public fidèle. Très fidèle.

   Les Wampas ont leurs marottes : les cyclisme par exemple. Après une chanson hommage au coureur Laurent Jallabert il y a quelques années, on a droit ici au « Vélo violet » … et à une chanson en anglais sur les Daewoo. Eclectique ! C’est pour leur univers enfantin qu’on aime les Wampas : les filles boivent du yop en mangeant des cacahuètes (« Comme un Kenyan »), et il faut se méfier des anges « surtout s’ils ont les yeux bleus. » (« Chocorêve).

   On aime les Wampas pour leurs chansons d’amour aussi (« Je t’ai donné ma vie ») et les paroles politiques (« Pinochet fasciste, Giscard complice », « Il y a les CRS devant la synagogue ») et leurs textes dignes de la beat génération : « Il faut que je digère le sanglier cette nuit au bord du lac » (« L’aquarium tactile ») ou « Tu m’as vidé mon garage / Des mots d’amour / Sur la banquette / Les dents qui traînent / Sur la moquette / Les chats qui lèchent / Toutes leurs croquettes » (« Toulouse »). Sur ce nouvel album, Didier Wampas, qui chante toujours aussi mal (il y met à point d’honneur) rend hommage au « Télégramme de Brest », pense aux apprentis charcutiers, et raconte l’hsitoire (inventée ?) d’une ancienne punkette qui s’est inscrite en troisième position sur une liste de droite aux élections municipales (« Liste de droite »). Tout fout le camp. Sauf les Wampas, heureusement. Tiendez-bon les gars.

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Jean-Marc Grosdemouge

Les Wampas « Never trust a guy who after having been a punk is now playing electro », 1 CD (Atmosphériques), 2003

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