Les Wriggles à La Cigale, Paris, samedi 26 avril 2003

   La télé ne parle pas de ces Frère Jacques version trash , la radio guère plus et ils ne font pas la une des journaux. Mais les Wriggles n’ont pas besoin de ça : pour preuve, ils sont capables à eux seuls de remplir la Cigale cinq soirs de suite.

   Ce sont un peu les Frère Jacques version trash et moderne. Des VRP (comme le groupe) politisés : dans le hall de la Cigale, des stands de Terre des Hommes, Ras’L’Front et d’une association qui dénonce le génocide au Tibet invitent le spectateurs à prolonger les rires de la soirée par une discussion sur les choses sérieuses de ce triste monde.

 Parlons-en de ce monde : c’est ce monde pas toujours marrant que les Wriggles dissèquent chaque soir. Cing gars, tous de rouge vétus, avec une guitare, qui tourne de main en main chanson après chanson. Le Pen, les flics, les supporters du PSG, la pollution (l’Erika ou le Prestige), Mamie qui ne veut pas dormir, les gamins qui se font des blagues à l’école, la vie qui « parfois fait plouf », le petit Gregory (l’affaire est dans le sac), Paolita (pour qui ils roucoulent sous la fenêtre), ou la petite olive qui voulait voyager, on en rencontre du monde. Les personnages sont bien campés (ces sont plutôt des caricatures-eaux fortes que des aquarelles gentillettes) et les peintures acerbes de la société dite moderne défilent.

   On rit souvent, parfois aux éclats. Ce spectacle n’est pas toujours politiquement correct, c’est le moins que l’on puisse dire, mais il est drôle et engagé. Ce qui, conjugué avec de jolies mélodies à la guitare, des harmonies vocales, une mise en scène très travaillée, et des déplacements énergiques (les Wriggles sautent en tous sens), le rend fort attrayant. Chaque chanson est comme un sketch musical, chaque Wriggle exécute ses pas de danse ou ses déplacements au cordeau, tout en se marrant à faire marrer le public.

   Parents d’ados dans la période « j’me fous d’tout », si vous voulez faire passer un bon moment à votre môme et en profiter pour engager une conversation sérieuse avec lui sur le trottoir à la fin du spectacle, vous savez quels billets acheter.

Jean-Marc Grosdemouge

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *