The Soulsavers "Tough guys don’t dance"

soulsavers   Quand on sait que The Soulsavers est le nouveau groupe dans lequel chante Josh Haden, ancien leader du regretté groupe Spain (« The blue moods of Spain » reste l’une de mes plus belles chair de poule musicale à ce jour), le morceau instrumental ronflant qui ouvre l’album (« Cabin fever ») surprend. On reprend vite le fil de l’histoire où on l’avait laissée, sur « Love », où la voix grave et légèrement brisée d’Haden s’épanche sur une pop jazzy à souhait. Un orgue se tapit dans l’ombre tandis que Josh chante « girl you never want to let me go ».

   Les violons sont classiques sur « San Quentin Blues », le piano aussi, mais la rythmique est elle carrément futuriste. L’attention remonte d’un cran… C’est un instrumental, entre Third Eye Foundation et Nick Cave. On continue dans cette même veine rétro-futuriste, en pop jazzy-classique et sonorités nouvelles (des cuivres sur « Rumblefish »). Dommage que Josh Haden ne s’essaie pas à chanter sur ce genre d’arrangements. Cela vaudrait sûrement le détour.

   Il revient heureusement aux affaires sur « Down so low », sorte de rêverie électro jazzy-pop ou l’on pourrait le prendre pour Martin Barnard chez Alpha (notez que sur ce morceau, la voix de Josh est un peu plus haut perchée que d’habitude). Un peu comme si une chanson de « The blue moods of Spain » avait été remixée…

   Deux morceaux instrumentaux à nouveau (« Texas taliban », aussi barbant en effet que l’obscurantisme et « Closer », sorte de trip mystique à la Enigma à peine plus intéressant), décidément Josh Haden est sous employé : il faut attendre « Precious time » pour le retrouver. Dire qu’on venait surtout pour lui, et qu’il y a beaucoup de remplissage… mince ! Le troisième morceau sur lequel intervient le fiston Haden commence par quelques notes de piano façon « Exorciste », une basse discrète et un orgue obséquieux, et n’a rien, mais alors rien du tout à voir avec Spain et pourtant on en retrouve en partie le charme, le swing revisité façon moderne. Voilà peut-être ce qu’on aurait aimé entendre plus souvent sur cet album, qui se termine sur une plage instru façon hip hop jazzy.

    Déconcertant, cet album devrait séduire les fans de Spain (qui devraient comme nous déplorer que Josh Haden chante si peu) et les fans d’électro pop élégante non dédiée à la dance mais à créer de jolies atmosphères. Puisque c’est bien connu, les fortes têtes ne dansent pas.

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Jean-Marc Grosdemouge

The Soulsavers « Tough guys don’t dance », 1 CD (San Quentin Recordings/Chronowax), 2003

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