Yves Robert "In touch"

in-touch1     Il faut bien que je l’avoue : tout chroniqueur musical overt d’esprit que je suis, je n’écoute pas tous les jours du trombone. D’ailleurs, le trombone est un instrument qu’on ne connaît que pour l’avoir vu dans des fanfares. On n’imagine pas qu’il puisse être utilisé comme un sax ou une trompette au sein d’un trio.

     On n’imagine pas non plus qu’il puisse avoir un son velouté. Eh bien Yves Robert, qui vit le jour en 1958 à Chamalières, vient nous prouver que le trombone peut être au service du « cool. » En compagnie de Vincent Courtois au violoncelle et de Cyril Atef (le formidable zébulon percussif de Bumcello) à la batterie, qui signe un titre (« Let’s lay down »), il trousse huit morceaux voluptueux. Si « In touch » est le troisième enregistrement de Robert pour ECM, c’est le premier en tant que leader.

     Après avoir fait ses classes sur un album de Heiner Goebbels et de Louis Sclavis, qui ont dû l’acclimater au son si particulier du label, et après avoir travaillé avec divers improvisateurs (Chris Mc Gregor, Derek Bailey, Steve Lacy, Joëlle Léandre, Marc Ducret), ce tromboniste signe ce que sa maison de disque décrit comme « 48 minutes de tendresse ». Et l’on souscrit volontiers à ce racourci à l’écoute de ses plages de dentelle délicatement ombrées par le cuivre, où tout nous parle de sens (« L’air d’y toucher »), d’attde faux-semblants (« L’air de rien »), de désir, de « Basculement du désir », d’attente.

    L’attente du désir ? Réduisons cette attente. Suivons l’invitation du titre d’un morceau : « Let’s lay down. » Et si on s’allongeait. L’occasion de traduire en gestes le fait que, oui, cette musique invite à céder à l’appel du désir.

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Jean-Marc Grosdemouge

Yves Robert « In touch », 1 CD (ECM/Universal), 2003

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