Alexandre Varlet "Dragueuse de fond"

Alexandre Varlet "Dragueuse de fond"

Cette fois-ci sera la bonne, espérons-le. Après “Naïf comme le couteau”, sorti en 98, album qui eut à composer avec la faillite du label qui le publiait (Commando !), Alexandre Varlet revient avec “Dragueuse de fond”, sorti sur le label de son tourneur, l’Olympic, basé à Nantes.

Qu’est-il devenu, Alexandre Varlet, après quatre ans de “traversée du désert”, passées à tourner dans de petites salles ? “Il m’est défendu de me plaindre” chante-t-il sur le premier titre. Est-il toujours naïf comme le couteau ? Ou plus aiguisé (knife) ? Ecrit-il toujours d’aussi belles chansons ? Naturellement ! Sur l’album “Dragueuse de fond”, auquel -M- a collaboré sur un titre, le son est plus enveloppant, plus caressant, tout empreint de sensualité.

Cet album est plus riche, mais pas surfait, et il conserve une simplicité, une évidence qui prennent l’auditeur par la main, pour la caresser un peu dans le sens du poil (musicalement) et un peu dans le sens contraire (les textes). Car si la rugosité des musiques de “Naïf comme les couteau”, qui reflétait peut-être encore le caractère juvénile de son auteur a disparu, en revanche, les textes, eux, laissent entrevoir un net changement dans la personnalité de Varlet.

Oublié presque, le personnage romantique de 1998. Les paroles, en effet, gagnent en cruauté : “espèce de chien, t’as trempé ma langue dans mon thé” chante-t-il, ou “plantez ce couteau minette” sur la reprise de “Chanson à tuer” (paroles du poète belge Norge), et en sexualité : le chaud lapin de la “Rue des Garennes”, ou cette question, “qui ne rêve pas de crouler sous le poids d’infinies salopes ?”

Les références charnelles explicites (les lèvres biseautés et le leitmotiv “habille mon haleine de Coco Chanel” sur le titre “Parfume”) ou implicite (“Le Q dans la coquille”) abondent. Qui pourrait résister à un album aussi charnel, tant dans le fond que la forme ? Essayez de résister à la tentation, juste pour voir…

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Alexandre Varlet “Dragueuse de fond”, 1 CD (Olympic/BMG), 2003

Jean-Marc Grosdemouge