Aret Madilian, ou l’art de contempler

Aret Madilian, ou l’art de contempler

Ce n’est jamais faire honneur à la musique que de l’écouter d’une oreille distraite, en faisant autre chose. Je ne jette la pierre à quiconque, moi qui ai déjà cuisiné avec de la soul ou passé le balai avec du rock… Il est bon de plonger dans un disque (j’ai bien dit disque, soit un objet qu’on peut palper et qui rend un son ample et enveloppant), c’est à dire de s’y consacrer pleinement, sans en faire un “fond sonore”.

C’est d’autant plus vrai quand il s’agit d’un disque signé par la tête pensant de Deleyaman, Aret Madilian, et que l’oeuvre porte le nom de “Silence, The Abbey Project”. Alors posons le disque sur la platine, écoutons, et puis tant qu’à faire (ou plutôt à ne rien faire), allongeons nous, après avoir mis le son à un volume convenable, afin de rentrer dans la musique, de s’abandonner à une sorte de voyage immobile. Fin du disque : se relever, presser “lecture” à nouveau et puis monter encore le son, et s’allonger à nouveau..

Aret Madilian “Silence, the Abbey Project”

Dans un monde où tout pousse à gigoter, à produire, à se géolocaliser en permanence via les réseaux, Madilian offre quelques plages offrant à l’auditeur de se géolocaliser soi-même, c’est à dire vers ce truc situé quelque part dans le plexus solaire, ce sentent d’être bien, détaché de tout enjeu. Bien avec soi, avec les autres, avec le monde. Le doudouk a beau chanter sa mélopée plaintive, c’est la sérénité qui s’installe, plage après plage,

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Jean-Marc Grosdemouge

Infos, écoute et achat : le site Bandcamp de Deleyaman

Jean-Marc Grosdemouge