Eberhard Weber "Stages of a Long Journey"

weber  Membre du Jan Garbarek Group depuis le début des années 80, l’Allemand Eberhard Weber est plus qu’un bassiste, c’est celui qui l’a recruté qui le dit. « Je ne l’ai jamais considéré comme un bassiste, en tout cas pas dans le sens conventionnel du terme. C’est juste un musicien exceptionnel qui joue de la basse de toute sorte de façons plus merveilleuses et inspirées les unes que les autres » a déclaré le saxophoniste norvégien ? Et on le constate sur ce disque : Weber ne saurait se réduire à une seule couleur musicale puisque ce disque commence à un morceau phénoménal aussi groovy que le « Shatft » d’Isaac hayes pour finir sur un morceau solo dépouillé et superbe. Garbarek est présent, tout comme le vibraphoniste Gary Burton, Marilyn Mazur ou le grand orchestre de la ville, le SWR Stuttgart Radio Symphony Orchestra. Cet album est le témoignage de la série de concerts organisée en mars 2005 au Theaterhauss de Stuttgart pour célébrer comme il se devait le 65e anniversaire du bassiste, qui utilise tout au long du concert sa basse électrique à cinq cordes, à l’exception d’un titre. Si Weber n’a pas la nationalité de Duke Elligton, Marvin Gaye ou Prince, on a constamment l’impression d’entendre une interprétation européenne du jazz, d’extraction noire et américaine, comme quand le Finlandais Jimi Tenor ou The Heritage Orchestra livrent leur vision d’un jazz intense et lyrique, comme une greffe de la culture noire sur notre vieux continent. Et lorsque les Suisses Reto Weber (percussions) et Nino G (beatbox) sur un titre aux sonorités caribéennes (« Hang around »), le public en redemande. Nous aussi.

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Jean-Marc Grosdemouge

Eberhard Weber « Stages of a Long Journey », 1 CD (ECM/Universal), 2007

Infos : www.ecmrecords.com

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