Isolée "Rest"

   Parmi les gens qui écoutaient de l’électro et achetaient des CD dans les années 2000, il y a deux camps : ceux qui ont acheté « Rest » et les autres, qui sont passés complètement à côté. Et vous, vous êtes dans quel clan ?

isolee   Celui de ceux qui savent ? Qui ne sont pas étonnés, quand, au début du disque, une voix blanche dicte « logiciel, logiciel » ? Ou alors vous faites partie des autres ? Non, ne partez pas, on ne vous en veut pas, vous n’écoutiez pas les bonnes radios pour savoir, vous ne lisez pas non plus le magazine qui vous eut permis de dégoter un tel joyau sonore. Projet electronica allemand, Isolée est la meilleure incarnation musicale de l’expression « beau-bizarre », expression ô combien paradoxale parfois. Nulle dichotomie ici entre le beau et le bizarre : l’une et l’autre de ces qualités se servent mutuellement, pour aboutir à un résultat quasi-parfait : étrange et aérien, à la fois pointu et accessible, l’album « Rest » est en tout point formidable. L’un des sommets de cette galette froide, minimale et machinique, est sans conteste le morceau « Beau mot plage », sorte de ritournelle mutante et froide relevé par une guitare ensoleillée.

   Cet album est si intéressant qu’on aimerait presque le confier à son DJ favori, afin que celui l’inclue dans sa playlist : au choix, en warm-up, ou pour faire retomber la pression (chill out), « Rest » est un disque qui se déguste sans fin… ça marche même un dimanche après midi, en buvant un thé et en lisant de la philo. Oblique et nullement dichotomique, le bizarrerie d’Isolée reste un cas. Isolé ça va de soi.

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Jean-Marc Grosdemouge

Isolée « Rest », 1 CD (Playhouse Records) 2000

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