Madredeus "Madredeus Electronico"

   Difficile de décrire le mélange d’impatience et de réticence qui prend le chroniqueur au moment d’écouter ce disque. Pour peu que ledit chroniqueur soit fan d’électronique sous toutes ses coutures, et grand adorateur du groupe de Lisbonne Madredeus, il se trouve un peu perplexe. Que vont devenir la musique aérienne, le fado éthéré de Teresa Salgueiro et les siens, une fois bidouillés ?

madredeues elec   Les quelques morceaux qui débutent l’album mettent à l’aise : la voix de Teresa Salgueiro, qu’on a connue et apréciée avec de subtils instruments cordes et des arrangements épurés, acoustiques, même cuisinée à la sauce électro, reste en tout point magique. Parfois, le traitement est carrément « gros son », mais même dans cet environnement qu’on pourrait croire « hostile », cette voix, fine, cristalline, reste d’une grâce monumentale. Et puis, reconnaissons-le : aucun des bidouilleurs présents (dont l’ancien arrangeur de Massive Attack, l’écossais Craig Armstrong ou les bristoliens Alpha) n’a fait subir les derniers outrages à la musique des Portugais. Chacun a travaillé dans la dentelle, sans trahir l’esprit original des compositions du groupes. Ce qui donne parfois des remixes sans grande prise de risque. A part peut être Telepopmusik, qui s’attaque au superbe « Oxala. » Pour qui connait l’original, le remix semble un brin pompier.

   Globalement, ce « Madredeus electronico » reste une aventure passionnante. Même si on imagine qu’il a aussi été créé pour élargir le cercle des fans de Madredeus et donner un côté branché au groupe, ce projet est à réserver aux fans qui attendent le prochain album des Portugais. A ceux qui ne connaissent pas Madredeus, on conseille tout simplement d’écouter leurs albums.

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Jean-Marc Grosdemouge

Madredeus « Madredeus Electronico », 1 CD (Capitol/EMI), 2002

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