Perry Blake "Broken Statues"

Cela fait déjà quelques années, et deux albums studio (« Perry Blake » chez Polydor en 1998, et « Still Life » chez Naïve en 1999) que l’on suit l’Irlandais Perry Blake, sa voix tantôt gutturale, tantôt haut perchée, ses chansons émouvantes, son spleen intégral, dont il joue pour mieux nous émouvoir.

perry blake brkn statues cdL’homme est plutôt rare sur scène. C’est bien dommage, mais pour ceux qui, comme votre serviteur, n’ont pas eu la chance de voir cet artiste en chair (de poule) et en os, cet enregistrement live tombe à point nommé. Perry Blake s’y livre à un exercice délicat : l’épure. « Genevieve », un morceau enlevé, que l’on connaissait clinquant, devient ici une petite chanson fragile. C’est un écrin pour la voix de Perry, qui, du coup, est encore plus émotionelle que d’habitude. Perry Blake, qui, sur disque, nous offre des orchestrations qui tendent vers le grandiloquent, joue ici tout en finesse, accompagné par un orchestre de neuf musiciens (dont : violons, violoncelles, contrebasse), l’Ensemble Musiques Nouvelles. Chaque morceau a été dépouillé, et les notes, toutes comptées, semblent celles d’une partition de musique contemporaine. « Driftwood » est réorchestré avec une intro jouée au violon, façon pizzicato. Luxe, calme et volupté au programme, pour un moment unique.

   La voix de Perry se déploie, les notes de piano s’égrennent, les cordes forment un tapis soyeux et délicat, sur lequel la voix de Perry semble flotter. Tout bonnement magique.

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Jean-Marc Grosdemouge

Perry Blake « Broken Statues. Live at the Cirque Royal, Nuits Botaniques, Brussels »
(Naïve), 2001

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