Lamb "Between Darkness And Wonder"

Lamb "Between Darkness And Wonder"

“Nous espérons que vous aimerez cet album. Si c’est le cas, faites-le écouter à vos amis, et achetez-en un exemplaire. La musique de qualité à besoin d’investissement. Love, Andy and Lou, Lamb. XXX”

Certains artistes ne répondent pas aux mails qu’on leur envoie, mais certains prennent la peine de vous écrire. Le duo mancunien Lamb (Andrew Barlow et Louise Rhodes) ont prévu un petit mot qui s’affiche en guise de playlist lorsque vous écoutez leur disque sur ordinateur. Dire que le chroniqueur que je suis a failli manquer une telle accroche, si ma chaîne hi-fi ne m’avait pas lâché le mois passé.

C’est qu’à l’écoute de ce disque, on a dérieusement besoin de mettre une pile pour avoir quelque chose de pertinent à dire. La musique de Lamb,aux confins de l’électronica et du trip hop, en offre une version proprette, comme Sneaker Pimps ou Hoover avant eux. Même si la voix de louise évoque parfois celle de Roya Arab, donc Archive première formule (le somptueux Londinium), comme sur “Hearts and flowers”, avec ses envolées de cordes, cordes que l’on retrouve également sur “Learn”, le seul morceau qui transporte vraiment est l’instrumental “Angelica”, avec son thème de piano purement addictif. Sorte de rencontre planante entre un clavier “musique contemporaine” et des beats fort bien conçus sur machine.

Lamb risque donc encore de progresser encore quelques temps dans l’underground. Quoique qu’être underground chez Mercury, ça ne doit pas être évident. On leur conseille, ou de muscler leur art en le rendant barré (et signer sur un petit label qui saura défendre cette musique) ou à attendre qu’un artiste en manque d’inspiration ait besoin de collaborateurs pour électronifier ses chansons (chez Universal, ça ne doit pas manquer). Bref, Lamb doit faire quelque chose, sous faute de vite nous barber.

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Lamb “Between Darkness And Wonder”, 1 CD (Mercury/Universal), 2003

Jean-Marc Grosdemouge