Deleyaman "3"

Deleyaman "3"

Si ce quatuor est apatride de papiers (Aret Madilian est né à Constantinople et a vécu aux USA, Béatrice Valantin en France, la batteuse Mia Björlingson est suédoise, Gérard Madilian est né à Paris de parents arméniens), il a le coeur en Arménie, comme le démontre l’utilisation dans ses compositions d’instruments comme le doudouk et le shêvi.

Si Deleyaman choisit de nommer ses albums (ou plutôt de ne pas les nommer) en les comptant (3 fait suite à l’excellent Second), c’est sûrement parce qu’on y retrouve toujours ces mêmes climats envoûtants d’une fusion world-new age formidablement bien produite. Ainsi chaque chapitre nous met littéralement sens dessus dessous, et on garde le disque de ce groupe près de sa table de chevet, pour l’écouter en s’endormant.

C’est que les atmosphères de Deleyaman empruntent autant à Dead Can Dance (Aret Madilian n’a rien à envier à Brendan Perry et Béatrice Valantin égale Lisa Gerrard) qu’à Angelo Badalamenti. La rencontre du groupe avec son David Lynch à lui n’ayant pas encore eu lieu, c’est à chaque auditeur de se créer son propre Mullholland Drive (soit une sorte de semi-rêve) en compagnie de ces mélopées rares. Ici, le mot de passe de ce voyage immobile est : Deleyaman. Vraisemblablement un prénom d’ange… ou le chemin qui mène au paradis.

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Deleyaman “3”, 1 CD (Nech), 2006

première publication : samedi 29 juillet 2006

Jean-Marc Grosdemouge