Josiah Woodson souffle le vent, l'eau, et le feu

   L’eau, l’air, le feu, la terre, qui donnent leur nom aux quatre premiers titres mais aussi une dimension mystique (« Solstice ») sont au coeur de ce disque serein (pour ne pas dire cool), oeuvre d’un jeune souffleur inspiré par la spiritualité.

JOSIAHWOODSON_CDZ_Album   Quand un artiste déclare « Je veux être un vecteur d’espoir pour mes auditeurs »,  on ne peut que se lever, sourire et dire en retour : « j’adhère ». Ainsi donc le trompettiste Josiah Woodson, auréolé d’un Grammy Award pour sa participation au « Lovc on top » de Beyonce en 2013, nous emmène dans une suite élémentaire de titres jazz soul baignés d’une douce lumière.

   Ceux qui aiment les biographies où tout se conjugue en seront pour leur frais : oui on peut collaborer avec la reine des stades Queen B. et rendre hommage à la terre, au vent, et au feu sans faire du Earth, Wind and Fire, mais du « bon vieux » jazz… à condition de le faire tremper dans un bain de soul, histoire d’alanguir les tempi comme il faut. Le batteur a aussi été prié de frapper ses fûts avec douceur, et tout se passe pour le mieux sur ce disque.

   Natif de l’Ohio, Woodson, qui s’est installé à Boston pour se perfectionner dans la musique à la New England Conservatory of Music, joue aussi du bugle, de la flûte et de la guitare. Outre madame Jay Z, il a collaboré avec des gens divers issus aussi bien du jazz que du hip hop : Branford Marsalis, Billy Hart, Gary Bartz, David Sanchez, Danilo Perez, Ronnie Burrage, John Lockwood, Dave Holland, Ben Williams, Mulgrew Miller, Marcus Belgrave, Clarence Clemons, Blitz l’ambassadeur, ou encore Mos Def. Et ce qu’il offre ici est un cocktail moderne, groovy et séduisant.

   Le projet Quintessentiel avec qui il enregistre est un hommage aux quatre éléments de la nature. Woodson veut y ajouter une dimension immatérielle composée d’amour, de grâce, de paix et d’espoir : à défaut d’engendrer un chef-d’oeuvre transcendental tel que « A Love Supreme » de Coltrane, celui qui n’est encore semble-t-il qu’au début de son éveil spirituel (nul n’est parfait) accouche d’un disque qui fait du bien aux oreilles. Et on ne va pas lui souhaiter de croiser le chemin de drogue pour souffler les notes du bon dieu dans sa trompette. Ce serait mal récompenser le bien qu’il nous a fait sur cet album.

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Jean-Marc Grosdemouge

Josiah Woodson & Quintessentiel « Suite elemental », 1 CD (Re:wax/Inouïe Distribution), 2017

en concert le 13 juin 2017 à Paris (Sunset-Sunside)

Infos : www.josiahwoodson.com

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