Theo Bleckmann "Elegy"

DISQUE DU MOIS (JANVIER 2017)

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     Après avoir participé à deux albums sur le label, dont un avec Meredith Monk (avec qui la filiation est évidente), Theo Blackmann signe à cinquante ans son premier album chez ECM. Et c’est peu dire que c’est un coup de coeur total.

     On connait l’importance toute particulière donnée au son par la prestigieuse maison munichoise : chaque enregistrement est supervisé par le maître lui-même, Manfred Eicher, et la label ne sort que quelques dizaines de références chaque années, mais on est toujours dans un étiage élevé. La phrase qu’on entend le plus souvent entre connaisseurs, c’est « un disque ECM, mais si c’est pas le plus terrible qu’on a entendu, c’est toujours mieux que ce qui se fait dans le reste de l’industrie ».

     Ici, chaque timbre instrument prend une résonnance particulière, on entend presque respirer le studio d’enregistrement. Posez le disque sur la platine, attendez, et goûtez les quelques secondes de silence avant la première note. C’est déjà du ECM. Puis fermez les yeux. Avec la référence 2512 tout ce qui suit n’est que de la dentelle : la voix de Bleckmann virevolte, pirouette, va se nicher très haut,  casacade entre les instrumentistes (Shai Maestro au piano, Ben Monder à la guitare, Chris Tordini à la contrebasse et John Hollenbeck à la batterie).

     Si vous avez déjà écouté des albums tels que « Long Distance » de Norma Winstone (également artiste ECM) ou « Englabörn » de Jóhann Jóhannsson, vous êtes déjà prêts à plonger dans cette émouvante élégie. Enfin, un peu plus que les autres; mais attendez vous à un choc en entendant cette voix masculine qui a quelque chose de délicatement féminin. Sans conteste le choc musical de ce début d’année.

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Jean-Marc Grosdemouge

« Elegy », 1 CD, 2017, ECM/Universal

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