Vincent Brunner, Christophe Miossec "En quarantaine"

   Si le Brestois Christophe Miossec, bientôt 43 ans, décide de se raconter, ce n’est pas pour s’essayer à une biographie définitive. Dans la postface, il défend le côté forcément parcellaire du livre en parlant de « toutes ces choses que l’on a volontairement oubiées, ou mises de côté ou pas voulu aborder ».

miossec en qua   Ce « bordel » (selon l’expression même de Miossec) a été agencé par le journaliste Vincent Brunner, qui a rencontré tous les collaborateurs du chanteur, ainsi que ses proches, jusqu’à sa mère Marie-Paule. Ainsi, les témoignages des uns et des autres se répondent, le style est en grande partie oral, et le récit ponctué des gros rires du chanteur.

   « En quarantaine » est juste un bilan, celui d’un homme revenu des excès, enfin assagi, même s’il n’est pas complètement apaisé. Une révision des 4000. De son enfance bretonne à la conception de ses derniers albums, Miossec se livre : les premiers groupes, Nanard Pavot et Printemps Noir (pour l’anecdote ce dernier, qui ne déposait pas ses chansons, s’est fait voler le titre « Les yeux de Laura », devenu un tube avec le groupe Goûts de Luxe), son sens de l’amitié un peu à part (Christophe Miossec est familier des relations à éclipses), son mode de vie parfois borderline, et ses chansons. S’il se considère piètre instrumentiste, Miossec se livre en revanche abondamment sur sa manière d’écrire des paroles. Rejetant le vieux débat « chanson : art mineur ou majeur ? » parce que -dit-il- parfois des romanciers font de mauvais paroliers, il explique : « je ne veux pas que tout soit tiré au cordeau comme dans la variété ».

   De toute façon, on le constate à la lecture de ce livre : bien peu de choses sont « tirées au cordeau » dans la vie de Miossec. Qu’il s’agisse de ses amitiés, de ses amours, de ses concerts des débuts ou de l’enregistrement de ses albums, il y est toujours convoqué une bonne part d’improvisation, ou de n’importe quoi. Du coup, le bonhomme se fâche parfois avec ses musiciens. Tout cela relève un peu de cet attitude que le chanteur résume par une formule qui revient souvent : « à la brestoise ». C’est à dire que les choses se font en parlant fort, autour d’un verre, et avec une bonne dose d’outrance. Quand il s’agit de faire des conneries, Miossec ne fait pas les choses à moitié. Heureusement, sa nature brestoise l’a aussi doté d’une grosse réserve de talent. Et l’histoire n’est pas finie. Rendez-vous pour la prochaine révision des 4000.

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Jean-Marc Grosdemouge

Vincent Brunner, Christophe Miossec « En quarantaine », Editions Flammarion) 2007, 297 pages.

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