Edouard Baer en état de grâce

Cela devait finir par arriver : à force de fouler les planches, Edouard Baer est publié et son livre rejoint le rayon théâtre des libraires, à côté de Sartre, Camus et Beckett.

En lisant la préface où le comédien explique qu’il a toujours été impressionné par la bibliothèque de son père qui était grand lecteur et a sûrement rêvé d’être écrivain, on se dit que cette fois Edouard Baer va tomber le masque avec ce qui est son premier livre à lui, transcription de son dernier spectacle créé au Théâtre Antoine en 2019. C’est à dire nous parler de lui.

Dans le mille. Quand au milieu du livre il parle de Charles Bukowski, difficile de ne pas être touché. Idem avec sa façon de parler d’André Malraux, de Thomas Bernhard, d’Albert Camus, de Boris Vian, de son ami Jean Rochefort ou de Romain Gary. 

J’aimais déjà beaucoup Edouard Baer quand il me faisait rire, maintenant je l’aime aussi quand il me fait pleurer. On est pas loin de la grâce d’un Joseph Roth, qui savait si bien mêler sensibilité et humour. 

A propos de Spinoza, lors d’une récente dédicace il me disait : je ne l’ai pas lu, mais Jackie Berroyer m’en parle souvent, il est obsédé par Spinoza. Pourtant sans avoir lu le célèbre néerlandais, Baer semble avoir fait sienne sa devise : bien faire et se tenir en joie.

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Jean-Marc Grosdemouge

Edouard Baer « Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce », éditions du Seuil, 2021, 149 pages.

Infos : le site des Editions du Seuil

illustration : Stéphane Manel

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