S'abandonner à vivre avec Sylvain Tesson

    Quand on cite Pierre Drieu la Rochelle (en l’occurrence « Le feu follet ») en exergue de son livre (avec Pascal et Kafka, excusez du peu), il faut assurer dans les pages qui suivent. Et on peut dire que Tesson, de nouvelle en nouvelle, nous tient en haleine. Un page turner pour le bord de mer ? Plutôt pour la montagne !

   sabandonner Qu’il présente des personnages cabossés, un peu perdus, un peu partout sur la planète, ou qu’il ressasse ses obsessions (l’alpinisme, les hummers, Schengen, ou le goût de l’aventure), ses mots (gouge) ou expressions favorites (la neige qui meringue tout), Tesson distille une sorte de « philosophie ».

    Selon lui, s’abandonner à vivre c’est accepter l’absurdité de la vie. On adhère ou pas à ses considérations politiques (le français sont des geignards alors que les Russes ont tellement de superbe), religieux (on se demande comment certains dignitaires musulmans ne l’ont pas encore attaqué, car ses propos sur la question sont dignes de Michel Houellebecq), mais on ne peut pas ne pas reconnaître à l’auteur un style vraiment affirmé.

    L’homme a le sens de la formule qui fait mouche, et même si l’on est pas Radio Courtoisie compatible (l’auteur a officié sur cette radio très traditionaliste) il faut lire ce recueil de nouvelles tantôt drôles, tantôt acerbes, tantôt émouvantes.

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Jean-Marc Grosdemouge

« S’abandonner à vivre », Folio Gallimard, 2015, 256 pages.

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