Desobéir utilement : une méthode


Constatant que la méthode légale ne marche pas pour sauver la planète, Jonathan Attias a pris la poudre d’escampette. Et livre sa méthode ; pas « dure », mais radicale. Avec lui on en est sûr : on peut choisir une autre vie pour soi, et contribuer à un monde meilleur.

Attention aux âmes sensibles : dans ce livre un oiseau, le colibri cher à Pierre Rhabi, se fait dégommer. Ou plutôt la « légende » qui lui est associé. Ca se passe page 171 :  « mon grand regret, dans la fable du colibri, écrit Jonathan Attias, c’est que les gouttes d’eau n’empêchent pas le village de brûler ». Tournez une page ou deux et Jonathan Attias, qui dit ne plus croire aux méthodes de Gandhi ou Mandela (les médias et l’opinion publique y sont habitués), nous invite à « questionner la violence ». Alors qui est cet homme ? Un dangereux révolutionnaire qui prêche la révolte ?

Vous n’y êtes pas : ce père de famille, qui a travaillé pour la télé et sa femme, qui bossait dans l’hôtellerie de luxe, sont partis s’installer dans la campagne avec leurs deux filles,   pour vivre dans un habitat réversible (sans fondations), à la campagne. Avec une ligne de conduite qui tient en trois points : s’intégrer à la Nature, aggrader (le contraire de dégrader) les territoires, et ne pas attendre que les lois changent pour agir. Car les lois sont plus agréables aux pollueurs et à un système qui tient grâce à sa puissante force d’inertie, tout en polluant lentement mais sûrement… Si l’on suit le raisonnement de Victor Hugo, selon lequel « obéir sa conscience est la règle, règle qui n’admet pas d’exception », quand une loi est injuste il est juste de s’en affranchir…

les principes de la désobéissance fertile :

Aggrader les territoires, s’intégrer à la nature, ne pas attendre que les lois changent pour agir.

Stop au mythe du développement durable

On le sait depuis Nicholas Georgescu-Roegen : le développement durable est ne vaste foutaise. Il faut donc changer de logiciel. Et comme cela n’est pas permis par les lois actuelles, il fat opérer aux limites de la légalité, sans mettre en difficultés son projet. Attias détaille donc comment se faire accepter parla population locale, pourquoi créer ne association, et quelles sont les lois et éventuellement comment en tirer parti. Le livre se veut didactique : connaître la qualité d’une terre arable, créer une mare, utiliser des outils basse technologie pour cire, laver le linge, etc., quel habitat choisir, tous les aspects de la vie est envisagé.

Un manuel pratique

Car ce qui est à la fois un manifeste philosophique, écologique et politique, n’est pas n simple témoignage, mais peut avoir valeur de manuel pour des personnes qui veulent ex aussi effectuer cette démarche. Attias n’est pas un utopiste car une utopie est par définition abstraite, vouée à rester dans le ciel des idées. L’auteur lui, a les pieds dans la terre, il met en pratique ses idées. Et ça donne envie d’aller voir là bas si le bonheur est dans le pré.

Un autre monde est possible.

J’ai commencé ce livre alors que j’avais un CDI dans une très grosse boite, et je le finis alors que j’ai perdu ledit job. C’est un mal pour un bien : voilà un pas (certes décidé par mon employer) qui me rapproche un petit peu du mode de vie prôné par la famille Attias, et qi a de plus en plus d’attrait pour moi. La première difficulté qu’on ressent en finissant ce livre est de se dire « bon, maintenant, je fais quoi ? Je me sens un peu seul » Si une partie des lecteurs de « La désobéissance fertile » passe à l’acte, voilà qui pourrait changer la donne…

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Jean-Marc Grosdemouge

Jonathan Attias « La désobéissance fertile » (Payot), Paris, 2021, 383 pages.

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